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Résultats exceptionnels au baccalauréat au Lycée Français International de Reus

Le Lycée Français International de Reus est fier d’annoncer d’excellents résultats au baccalauréat, confirmant la qualité de son enseignement et l’accompagnement personnalisé des élèves tout au long de leur scolarité.

Pour cette promotion, l’établissement atteint 100 % de réussite au baccalauréat, avec 100 % de mentions. Ces résultats remarquables reflètent l’engagement des élèves, le soutien des familles et le travail exigeant de l’équipe pédagogique.

Parmi les diplômés, 8 élèves ont obtenu la mention Très Bien, dont 2 avec les félicitations du jury (moyenne générale supérieure à 18/20). On compte également 8 mentions Bien et 5 mentions Assez Bien.

Ces résultats illustrent la performance académique du système éducatif français à l’international et la solidité du parcours proposé au Lycée Français International de Reus, de la maternelle jusqu’au baccalauréat.

Si ces résultats témoignent de l’excellence académique de nos élèves, ils marquent aussi le début d’une nouvelle étape de leur parcours. Lors de la cérémonie de remise des diplômes, la directrice leur a adressé un discours que nous sommes heureux de partager ci-dessous.

Chères diplômées, chers diplômés,

Toute cérémonie comme celle-ci porte en elle une illusion dont il convient de se méfier : celle d’attribuer à un instant symbolique une signification qu’il ne peut, à lui seul, contenir.

On remet un diplôme et l’on parle de l’avenir. On évoque l’entrée dans l’âge adulte comme s’il existait une frontière précise au-delà de laquelle une personne deviendrait soudain plus mûre, plus consciente, plus responsable. La réalité est pourtant moins nette. Aucun rite, aussi solennel soit-il, ne produit à lui seul cette transformation.

Et pourtant, les rites sont nécessaires.

Ils nous rappellent que le temps passe et qu’arrive un moment où ce que nous avons reçu doit être rendu sous la forme de la responsabilité.

Jusqu’à aujourd’hui, d’autres ont assumé la tâche de vous guider : vos parents, vos professeurs, toutes celles et tous ceux qui ont contribué à votre formation. Ils ont cherché à vous transmettre des connaissances, certes, mais aussi quelque chose de plus précieux : une manière de juger, de discerner, d’exercer votre liberté.

À partir d’aujourd’hui, cette tâche vous incombera de plus en plus.

L’école vous a appris beaucoup de choses. Certaines vous accompagneront toute votre vie ; d’autres s’effaceront avec le temps. Il en a toujours été ainsi.

L’essentiel ne réside pas dans la quantité d’informations accumulées, mais dans l’habitude intellectuelle que les études ont laissée en vous.

La capacité de distinguer.

Distinguer un fait d’une opinion.

Une preuve d’une affirmation.

Un argument d’un slogan.

Une vérité recherchée avec effort d’une erreur acceptée par facilité.

Car la culture sert avant tout à cela.

Non pas à nous fournir des certitudes définitives, mais à rendre les tromperies plus difficiles.

Celui qui possède davantage d’outils culturels n’est pas nécessairement supérieur aux autres ; il est simplement moins exposé à la manipulation et à l’illusion de soi.

Et puisque chaque époque produit ses propres illusions, chaque époque a besoin de femmes et d’hommes capables de les reconnaître.

La vôtre ne fera pas exception.

Vous vivez à une époque qui met à votre portée une quantité de connaissances qu’aucune génération précédente n’aurait pu imaginer. Mais vous vivez aussi un paradoxe singulier : jamais il n’a été aussi facile de s’informer, et jamais il n’a été aussi facile de renoncer à comprendre.

Comprendre exige du temps.

Exige de la patience.

Exige la discipline de l’attention.

Exige le courage de suspendre son jugement.

Et exige surtout la disposition à accepter que la réalité soit souvent plus complexe que nos préférences, nos convictions ou nos désirs.

La culture est une école de la complexité.

La démocratie l’est aussi.

Avant d’être une forme d’organisation politique, elle est un apprentissage quotidien de la coexistence.

Elle nous oblige à partager le monde avec celles et ceux qui ne pensent pas comme nous, qui poursuivent d’autres intérêts, qui défendent des convictions parfois opposées aux nôtres.

C’est pourquoi une société libre ne repose pas sur l’unanimité, mais sur le respect de règles communes.

La loi représente précisément cela.

Non pas la victoire d’une volonté sur une autre, mais l’effort, toujours imparfait, par lequel une communauté tente de rendre possible la coexistence des différences. Habituez-vous donc à la considérer non comme une contrainte imposée de l’extérieur, mais comme l’une des conditions de votre propre liberté.

L’histoire nous enseigne que lorsque la loi s’affaiblit, ce n’est pas la liberté qui progresse, mais le pouvoir de ceux qui sont déjà les plus forts. C’est pourquoi la protection des plus vulnérables constitue l’une des épreuves décisives de la maturité d’une civilisation.

On juge une société à sa richesse, à ses réussites, à ses découvertes.

Mais aussi — et peut-être surtout — à la manière dont elle traite ceux qui disposent de moins de pouvoir, de moins de ressources et de moins de capacité à faire entendre leur voix.

Tôt ou tard, vous vous trouverez dans des situations où il sera plus confortable de vous taire que de parler, d’acquiescer que de contester, de suivre que de résister.

Je ne vous invite pas à la rébellion par principe. Les rébellions automatiques sont souvent aussi superficielles que les conformismes automatiques. Je vous invite à quelque chose de plus difficile : penser. Et, après avoir pensé, assumer la responsabilité de vos conclusions, même lorsqu’elles ne coïncident pas avec celles de la majorité.

La célèbre exhortation de Dante à « suivre la vertu et la connaissance » est souvent interprétée comme une invitation au savoir. Elle l’est, sans aucun doute. Mais elle signifie quelque chose de plus profond.

La connaissance, à elle seule, ne suffit pas.

Le XXᵉ siècle nous a appris qu’il est possible d’être instruit tout en demeurant moralement aveugle. C’est pourquoi Dante place la vertu avant la connaissance. Car le savoir ne prend tout son sens que lorsqu’il est guidé par une exigence éthique. Sans cela, il se réduit à une simple technique. Et la technique, comme tout instrument, peut servir aussi bien à construire qu’à détruire.

Dans quelques années, beaucoup d’entre vous exerceront des métiers qui n’existent pas encore aujourd’hui.

Certains dirigeront des entreprises ; d’autres enseigneront ; d’autres encore concevront des technologies, soigneront des malades, administreront des institutions ou élèveront leurs enfants.

Les compétences évolueront sans cesse. Ce qui ne devrait pas changer, c’est l’usage que vous choisirez d’en faire.

Car la question essentielle n’est pas seulement de savoir comment faire les choses.

Elle est de savoir pourquoi les faire.

Et au service de qui.

C’est peut-être là que commence véritablement la vie adulte : lorsque nos capacités cessent d’être un avantage personnel pour devenir une responsabilité envers les autres.

Je voudrais conclure par un souhait.

Non pas celui du succès, mot auquel notre époque accorde une importance excessive.

Je vous souhaite quelque chose de plus rare : conserver une certaine inquiétude intellectuelle.

Ne jamais vous croire définitivement arrivés.

Continuer à lire quand d’autres auront cessé de le faire.

Continuer à apprendre lorsque plus personne ne vous y obligera.

Préserver en vous cet espace de liberté intérieure où ni la mode, ni l’intérêt, ni la peur ne pourront gouverner.

Si vous y parvenez, quel que soit le chemin que vous emprunterez, vous aurez préservé la plus belle part de ce que l’école a tenté de vous transmettre.

Et peut-être aurez-vous réussi à rendre au monde ce qu’il vous a un jour donné : non seulement des connaissances, mais une manière plus libre, plus lucide et plus juste d’habiter la réalité.

Mme Stallini

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